Un solo clownesque et poétique sur nos identités numérisées théâtre visuel, marionnette et chant.
Le spectacle
Dans l'obscurité, seules les lampes confiées au public éclairent la scène. Une voix automatisée réclame des comptes, des identifiants, des cases à remplir. Enfouie sous une robe-sculpture faite de nœuds et de lambeaux, Katia Leroi-Godet s'y engouffre avec application et absurdité jusqu'à se retrouver à nu.
S'ouvre alors une odyssée tragi-comique : la robe se déploie, se feuillette comme un passeport et fait naître des créatures dans un corps-à-corps d'ombres et de métamorphoses. Un voyage physique et poétique pour dénouer la langue blottie au creux de nos silences.
Note d'intention
La numérisation galopante du monde, et avec elle la question de l'identité, du désir de vivre, de la rencontre un fil qui traverse tout le travail de Katia Leroi-Godet.
En clowneuse, elle révèle notre irrésistible attirance pour ce qui nous enferme les injonctions à la conformité tout en affirmant, par le décalage, une volonté de liberté. Jargons techniques, codes administratifs, discours standardisés : le spectacle met à nu la frontière fine entre les mots qui connectent et ceux qui excluent, et invite chacun à retrouver sa voix dans le bruit du monde.
Univers & inspirations
Une forme scénique hybride à la croisée de la marionnette, du clown, du chant et de la performance, où les matériaux récupérés deviennent décor, extension du corps et paysage mouvant dans la lignée de l'Arte Povera, des Matiéristes et des Situationnistes, et en résonance avec le théâtre visuel contemporain (Lia Rodrigues, François Chaignaud).
Côté voix : l'empreinte de Cathy Berberian, Meredith Monk et Kurt Schwitters ; côté matière, l'esthétique de Joseph Beuys et Louise Bourgeois. Le texte s'inspire aussi de La nuit remue d'Henri Michaux et de L'œuvre ouverte d'Umberto Eco.
Thématiques
Quatre fils thématiques traversent la pièce, abordés avec la singularité d'une écriture scénique plutôt que par le discours.
Sujet / objet, mesure des cases d'identification.
Gestion du jetable, écosystèmes.
Corporel, verbal/sonore et chanté, le rapport au sens pluriel des mots.
De l'encombrement à l'allègement, de la voix intime à l'adresse, de l'errance à l'enracinement et vice versa.
La compagnie
Créée et portée par Katia Leroi-Godet, la compagnie développe depuis plus de vingt ans une démarche transdisciplinaire résolument tournée vers l'espace public. Interaction directe avec le public, expérimentation plastique brute et recherche d'un langage universel au-delà des mots : la colonne vertébrale de toutes ses créations.
Déambulations de rue, sculptures sociétales participatives ou solos intimistes la compagnie convoque à chaque fois un « chaos régénérateur », envisageant l'humain comme une matière qui rêve.
Production
Diplômée du DNSEP de l'École des Beaux-Arts de Bordeaux et du Conservatoire national de Bordeaux en expression corporelle. Elle évolue depuis 2001 sous le nom de Mouton de Vapeur, a parcouru l'Europe, le Canada, le Moyen-Orient et le Japon avec ses personnages de rue Les Quiétils, et développe depuis 2010 un travail de soliste transdisciplinaire. Elle écrit, performe et conçoit la scénographie de Notre application° en 2024.
Diplômée de la section professionnelle du CNR de Bordeaux et licenciée en Arts Plastiques à Toulouse. Parcours tourné vers le travail collaboratif : Compagnie des Limbes, Collectif Crypsum, La Boîte à Sel. Cofondatrice du collectif Revlux à Bordeaux en 2018. Elle assure ici le regard extérieur et la performance de l'hôtesse.
Nadine Gabard (soliste et chef de chœur) — Myriam Djemour (soliste alto)
Buxi — Gaël Jaton — Katia Leroi-Godet
Peuth — Géronimo Casiéro — Patricia Molins — Lesly Carole Desseignet
Ilka Schönbein (Theater Meschugge) — Claire Heggen (Théâtre du Mouvement) — Alain Bourderon (Cie La Chouing)
Caractère vocal inspiré des « Tripsody » de Cathy Berberian. Chanson mélodieuse « Les drapeaux blancs », création personnelle. Une adaptation mélodique de la « Berceuse Cosaque », création de paroles, chantée en leitmotiv pour faire entendre les doubles significations des sons. « Youkali » de Kurt Weill et Roger Fernay.
Réservation
Disponible en salle équipée, chapiteau ou plein air protégé, en autonomie technique complète. Implantation et conduite lumière fournies sur demande.